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  • : Face à la privatisation de la Poste, il y a urgence de relancer une activité syndicale offensive dans les bureaux de poste du Comminges pour gagner sur nos revendications. Un débat riche et interactif est nécessaire, c'est le but de ce blog. Postières, postiers débattons ensemble sans tabou !
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  • Militants postiers syndiqués CGT du Comminges. Avec ce blog, nous avons voulu donner un moyen pratique d'informations profitant autant aux postiers qu'aux usagers.
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  • Militants postiers syndiqués CGT du Comminges. Avec ce blog, nous avons voulu donner un moyen pratique d'informations profitant autant aux postiers qu'aux usagers. Contact : cgtcomminges-poste@hotmail.fr www.facebook.com/CgtCommingesposte

Se syndiquer à la CGT.

Se syndiquer à la CGT c'est exprimer la volonté de ne pas rester isolé(e), d'être actreur(trice) de son avenir et de vouloir faire évoluer les choses dans le bon sens, l'Humain.

Se syndiquer à la CGT c'est dire non à la politique ultra-libérale actuelle ne visant que ses seuls profits, c'est défendre nos services publics, nos salaires, nos valeurs, travailler dans de meilleures conditions.

Se syndiquer à la CGT c'est obtenir un rapport de force afin d'inverser la tendance et faire respecter nos droits.

Vous avez décidé de vous syndiquer :

  • informez-vous auprès des militants CGT (pour le site de Saint-Gaudens et bureaux rattachés)
  • écrivez-nous si vous avez des questions (rubrique contact à gauche ou par mail à l'adresse : cgtcomminges-poste@hotmail.fr)
  • demandez le bulletin d'adhésion.

La grève, c'est quoi ?

 

 

14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 17:18

Le Monde.fr avec AFP | 13.03.2014 à 15h16

Au cours de l'audience, l'avocate du fonctionnaire, Me Christelle Mazza, a relevé que le tribunal administratif avait « l'occasion de faire avancer la jurisprudence sur le harcèlement moral des fonctionnaires ».

Lors d'une audience au tribunal administratif de Paris, jeudi 13 mars, un fonctionnaire de La Poste a accusé l'entreprise de harcèlement moral, mettant en avant la dégradation de ses conditions de travail.

Employé au centre financier de Paris, en tant que responsable informatique réseau et télécommunications à partir de 2005, le fonctionnaire a saisi sa hiérarchie en 2010, estimant que ses conditions de travail et celle des agents de son service se dégradaient, et se jugeant victime de harcèlement moral, a expliqué le rapporteur public lors de l'audience.

Mais, en février 2012, après une enquête interne, La Poste, qui emploie quelque 240 000 personnes, a refusé de reconnaître tout harcèlement. Le fonctionnaire demande notamment l'annulation, par le tribunal administratif, de cette décision et réclame diverses indemnités, dont 15 000 euros pour réparation de son préjudice moral.

UN SERVICE « VIDÉ DE SA SUBSTANCE »

Lors de l'audience, le rapporteur public a souligné que « le harcèlement moral ne repose pas nécessairement sur une intention malveillante de l'administration » mais que « ce sont les effets du dommage qui en révèlent la cause ».

« Il faut partir du constat du dommage, la dégradation des conditions de travail et de ses conséquences : atteinte à la dignité ou compromission de l'avenir professionnel pour remonter aux causes », afin de déterminer s'il y a ou non harcèlement moral, a-t-il ajouté.

Dans le cas du fonctionnaire, le rapporteur public a relevé que son service a été « vidé de sa substance et de ses agents » depuis plusieurs années. Il a noté aussi que l'enquête interne de La Poste a exclu le harcèlement, « au contraire de celle du CHSCT [comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail] », laquelle a pointé « une évidente dégradation des conditions de travail » et constaté que 89 % des absences pour raison de santé du fonctionnaire étaient concentrées en 2011 et 2012 (cent soixante-dix jours à partir de 2011 sur deux cent trente-trois en dix-neuf ans de carrière). Pour lui, le CHSCT a donc constaté « tous les éléments » constitutifs du harcèlement moral.

« FAIRE AVANCER LA JURISPRUDENCE »

Au cours de l'audience, l'avocate du fonctionnaire, Me Christelle Mazza, a relevé que le tribunal administratif avait « l'occasion de faire avancer la jurisprudence sur le harcèlement moral des fonctionnaires », qui peuvent être discriminés par rapport aux salariés de droit privé, avec lesquels ils cohabitent notamment à La Poste.

L'avocate de l'entreprise a reconnu pour sa part que le service dans lequel travaillait le fonctionnaire avait connu « des difficultés » depuis 2011, dans un contexte de réorganisation de service accompagné de « vives tensions ». « Pour autant, il ne ressort pas des pièces du dossier (…) d'éléments permettant de déterminer des faits précis ou des propos humiliants qui caractérisent le harcèlement moral », a-t-elle affirmé. La décision a été mise en délibéré. Selon Me Mazza, elle devrait être rendue d'ici à deux à trois semaines.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 20:42

Les salariés de Montauban ont agi pour travailler dans de bonnes conditions, pour l'emploi, être respectés et rendre un vrai service public postal de qualité !

La détermination et la mobilisation des facteurs, des usagers, de l'inter-professionnel, de l'unité (CGT, CFDT et SUD), la pression des élus et la solidarité sous toutes ses formes, ont permis de créer le rapport de force pour obliger la direction à revenir sur son projet de casse du service public et d'aggravation des conditions de travail.

Ils ont gagné la création de 4 tournées, 4 CDD en CDI, une commission de suivi, l'augmentation du volant de remplacement, la limitation de la sécabilité, l'uniformisation des heures de prise de service, la neutralisation de certains jours de grève.

Aujourd'hui, ils poursuivent l'action pour faire respecter leurs droits.

Source : La Fédération N°550, février 2014

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Voyez par vous mêmes, quand le rapport de force est là, quand l'unité est bien réelle, et bien c'est là que nous pouvons imposer nos revendications, faire respecter nos droits, gagner !

 

La lutte des postiers de Montauban doit faire prendre conscience à chacun que c'est là que réside tous nos intérêts. Nous sommes tous attachés à un service public postal de qualité alors pour la défense de nos valeurs, de l'emploi et du service public, restons soudés et mobilisés !

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 20:53

Publié le 04/03/2014

Par Yves Klein

AISNE. Trois semaines après la présentation aux membres du CHSCT de La Poste de Picardie du rapport d’expertise réalisé par le cabinet 3E conseil, rapport qui soulignait un contexte social dégradé et attestait la présence de risques psychosociaux, les élus du comité d’hygiène attendent toujours les propositions de leur direction. Elles pourraient être délivrées le 20 mars, date à laquelle une réunion du CHSCT est à nouveau programmée.

Pour l’heure donc, la ligne de la direction régionale reste dans le sillage de la politique nationale de l’entreprise au grand regret des sept syndicalistes élus au comité d’hygiène qui, il y a quelques mois, s’étaient déjà vus contester par leur direction, devant le tribunal de grande instance de Beauvais, l’opportunité d’une expertise explorant à partir du fait divers tragique de La Fère (un employé s’était suicidé sur son lieu de travail le 31 octobre 2012) la politique sociale de La Poste en Picardie. L’entreprise avait alors été déboutée.

« Si les réponses formulées le 20 mars sont insatisfaisantes, il est clair que des procédures judiciaires seront enclenchées », affirme un syndicaliste. Un élément pourrait renforcer la détermination des membres du CHSCT puisque l’inspection du travail de l’Aisne détaillera le 14 mars l’enquête qu’elle a réalisée après le suicide du postier de La Fère. Crucial, une semaine avant la réunion clé.

(source : lunion.presse.fr)

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 16:46
Jeudi 20 février 2014 à 09h20

Les salariés de la Plateforme industrielle du courrier de La Poste (PIC) ont peur d'une fermeture dans les prochains mois.

La Poste  © Radio France

Ce centre de Besançon a traité 232 millions de lettres en 2013. Selon la CGT, au niveau national, La Poste voudrait supprimer la moitié de ces plateforme de tri d'ici 2018. Il en resterait donc 25 sur toute la France au lieu de 50 actuellement.

Les suppressions ont déjà commencé en Franche-Comté d'après les syndicats

Depuis novembre dernier, une partie du courrier du pays de Montbéliard et de Belfort est géré par le centre de Strasbourg. Cela représente 75.000 lettres par jour en moins pour la Plateforme de tri de Besançon. Ce mois-ci, elle devrait encore perdre une compétence: le courrier du Jura devraient être traité par Dijon explique Catherine Stolarz, sécrétaire générale de la CGT Fapt du Doubs.

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Un temps de distribution rallongé mais aussi de la pollution

Si le centre de tri de Besançon est supprimé, 300 salariés seront sur la sellette et cela devrait avoir des conséquences sur le délais d'acheminement du courrier pour les Francs-Comtois. D'après François Schmidt, salarié au service de maintenance, il y aurait plus de camions sur les routes et le courrier mettrait plus de deux jours à arriver à bon port.

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Et la direction que nous avons contacté dit ne rien avoir à déclarer pour le moment.

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 20:21

Le blog cgtcomminges-poste a sa page facebook !

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 13:34

Social-Eco - le 18 Février 2014

C'est un scandale!

Chef d’équipe à La Poste en Ille-et-Vilaine, le syndicaliste Philippe Charles passe demain en conseil de discipline.

Demain, Philippe Charles, manager sur la plate-forme colis (PFC) de La Poste au Rheu (Ille-et-Vilaine), se présentera devant le conseil de discipline de son entreprise, à Paris. Pour avoir, dans le cadre d’un conflit social en octobre dernier contre les multiples réorganisations qui touchent le secteur, exercé son mandat de délégué syndical CGT, il doit répondre d’« infraction au règlement intérieur, (de) manquement aux obligations professionnelles en matière de respect des règles de sécurité et de sûreté de la PFC, (et de) manquement à la fonction de chef d’équipe et à l’exemplarité qui pèse sur les fonctions d’encadrement ».

Dans un argumentaire de plusieurs pages, le syndicaliste détaille cette soirée du 17 octobre dernier, où « tout a basculé ». « C’est le troisième jour de grève, la situation est bloquée (…) et je prends contact avec le directeur du site afin d’évaluer les perspectives de sortie de ce conflit », raconte Philippe Charles. Rendez-vous est pris, à 19 h 30, la direction recevra les représentants CGT et SUD. L’équipe des agents de nuit, majoritairement grévistes, accompagnée de délégués syndicaux du groupe, extérieurs au site, se rend sur place. Philippe Charles entre en premier et passe par le portillon réservé aux personnes handicapés, les tourniquets étant bloqués « par des agents qui entraient et sortaient du site ». Dans le hall de production, où se trouve la trieuse de colis, une assemblée générale est organisée. Elle durera une dizaine de minutes. Les discussions tournent court, la direction objecte qu’elle n’a plus la main sur le dossier, et l’AG vote la poursuite de la grève.

En décembre, après dépôt d’une plainte, la direction notifie à Philippe Charles ainsi qu’à deux délégués syndicaux de SUD, leur passage en conseil de discipline. Selon elle, « l’intrusion de responsables syndicaux départementaux sur le site a eu une incidence sur le fonctionnement de l’entreprise ». En clair, l’arrêt de la trieuse, pourtant habituel durant la rotation des équipes, aurait causé à l’entreprise une perte net de 90 000 euros. Pour Charles Philippe, l’attitude de la direction relève de l’entrave aux libertés syndicales et vise à le « faire rentrer dans le rang ». « À coup de formations, La Poste nous explique qu’on ne peut être que pour ou contre la direction, et la liberté de parole coûte chère », explique le syndicaliste qui encourt quinze jours de mise à pied. « Je ne veux rien négocier, j’ai agi dans le cadre du droit. Je sais que derrière la sanction, il y a la volonté de me casser et d’envoyer un message clair aux autres collègues chefs d’équipe », explique Philippe Charles, qui ira « jusqu’au bout pour dénoncer l’entrave au droit syndical ».

Au PFC du Rheu, un préavis de grève a été déposé pour la journée de demain. Par solidarité, mais aussi pour permettre à chacun d’aller devant le siège parisien du groupe défendre les libertés syndicales.

Marion d’Allard

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 17:29

La Poste propose à ses clients un tout nouveau service de livraison de courses à domicile. Plus besoin de se rendre au supermarché. Ce système unique en France est expérimenté pour l'instant dans deux villes à Vesoul et Lons-Le Saunier mais il pourrait être généralisé l'année prochaine.
Source vidéo : En Franche-Comté, la Poste livre les courses !

 

 

En expérimentation dans le Jura, ce service se nationalisera surement. La réponse en Juin 2014 lors de la présentation du plan 2020 de notre Président P. Wahl.

La rentabilité d'abord, pour la pénibilité ou les salaires on repassera bien sûr !

Ce que nous pouvons en dire ? Le facteur d'antan l'aurait surement fait avec plaisir pour un café, pas pour remplir les poches d'actionnaires qui en veulent toujours plus.

L'Humain n'est plus considéré à sa juste valeur par rapport à ce que peut l'être l'argent. Nous nous rendons compte peu à peu que notre métier se diversifie de plus en plus. Non seulement nous devenons coursiers, mais aussi photographes pour les assurances, releveurs de compteurs EDF, commerciaux en tout genre etc...

De véritables petits couteaux suisse postaux !

Vous le constatez aussi par vous même de jour en jour, le métier de facteur est progressivement laissé à l'abandon. Manque de temps, de moyens ou d'effectifs, le service tel qu'on le proposait n'est plus et perd de jour en jour de son crédit.

Le taux de réclamations atteint des sommets et malgré ça, les réorganisations continuent dans la plus grande des logiques ?????

A quand des facteurs contrôleurs des impôts gardiens de la paix ?

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 11:51
Lancement officiel du livre reprenant les actes du colloque consacré au Facteur, à son histoire et à son devenir, colloque initié par la FAPT et réalisé par son IHS fin mai 2013 à Nantes.

Intervention de Michel Tacet de l’IHS à la CE fédérale du 16.01 14.

Bonjour à tous.

Merci d’accorder quelques minutes à l’IHS dans un ordre du jour surchargé par les problèmes d’actualité, mais s’il y avait des CEF reposantes, ça se saurait.

Et puis il arrive des moments comme celui que nous vivons où le présent a rendez-vous avec l’Histoire ce qui ne saurait laisser indifférent l’organe dirigeant de notre fédération.

A l’occasion de cette CEF, nous procédons au lancement officiel du livre reprenant les actes du colloque consacré au Facteur, à son histoire et à son devenir, colloque initié par la FAPT et réalisé par son IHS fin mai 2013 à Nantes.

Il se trouve que fin janvier je crois, doit être approuvé un plan répondant aux nouvelles ambitions du Groupe La Poste, plan dans lequel le métier de facteur serait appelé à répondre à de nouvelles exigences. Nous voilà tout à fait dans l’esprit d’un colloque qui avait voulu rappeler ce qu’était l’histoire du facteur avant de se terminer par une table ronde au cours de laquelle furent envisagées ses perspectives d’avenir.

Cette date de lancement du livre ne pouvait pas tomber de façon plus opportune.

J’étais présent au Conseil national du 15 novembre 2012, alors que nous entrions dans la phase active de préparation de ce colloque. Nous ne doutions pas, à l’époque, de sa réussite même s’il y a toujours une part d’incertitude.

Puis progressivement les engagements des uns et des autres, qu’ils soient individuels ou collectifs à l’initiative de plusieurs syndicats départementaux, nous ont vite rassurés. Parmi vous, ceux qui étaient présents au colloque à Nantes les 29 et 30 mai 2013, et tous les autres qui, pour des raisons diverses n’ont pu y assister mais qui ont pu en lire les comptes-rendus, savent que ce colloque est de ceux dont on se souviendra à la FAPT et à l’IHS.

De l’avis unanime, l’intérêt qu’il a suscité dépasse largement ce que nous imaginions dans nos hypothèses les plus optimistes.

Pourquoi ? Inutile d’aller chercher bien loin la réponse. Tout simplement parce que c’est le facteur qui était au cœur du débat, le facteur que les sondages continuent de considérer comme le personnage public le plus populaire de notre pays après le boulanger.

N’est-ce pas le facteur qui incarne le service public lorsqu’il passe quotidiennement six jours sur sept chez chacun d’entre nous ?

Peut-on imaginer, par exemple, que la votation de 2009 pour défendre La Poste aurait connu une telle participation de deux millions de votants sans l’existence du facteur ?

N’a-t-il pas toujours répondu présent chaque fois qu’il a fallu défendre le service public face à ceux qui cherchent à dénaturer la profession ? N’a-t-il pas toujours veillé à préserver ce lien social qu’il est quasiment le seul, dans la profession, à entretenir avec la population ? C’est tout cela le facteur.

Même si aujourd’hui la distribution est malmenée, même s’il est trop fréquent que des tournées ne soient pas assurées, même si le « client », car de tous temps le facteur dépositaire de sa tournée a toujours parlé de ses clients, même si le client donc voit trop souvent se substituer à son facteur titulaire quelques remplaçants moins expérimentés parce que précaires et sans formation, l’image du facteur n’en est pas ternie.

Les responsabilités sont ailleurs. C’est le même client, celui que l’on n’appelle plus usager cette fois, qui constate la dégradation de ce même service public lorsqu’il fait la queue au bureau de Poste aménagé en local commercial ou quand il peste devant les automates.

Le facteur lui, demeure dans l’esprit de la population ce qu’il est non pas depuis toujours mais depuis 1846 pour être précis, le symbole de l’égalité d’accès au service public de l’ensemble de la population qu’elle soit originaire des villes ou des campagnes.

Les facteurs savent tout cela, la Poste également, la Poste toute disposée à utiliser à sa manière cet incomparable réseau de communication. Voila donc pourquoi ils étaient nombreux à Nantes, également répartis entre retraités et actifs, ce qui n’est pas sans importance, et pour ce qui est de ces derniers, représentés sensiblement à parts égales entre hommes et femmes.

Et oui ! La Distribution s’est féminisée sur le tard ! Lors des débats, on a remarqué la délicatesse des retraités qui n’ont pas joué les anciens combattants ou les donneurs de leçon.

On a surtout remarqué que les actifs avaient très bien senti qu’ils vivaient là comme un passage de relai, que la découverte pour beaucoup et la connaissance de ce qui s’était passé auparavant les aidaient à mieux comprendre la situation actuelle et les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Quoi de plus explicite pour illustrer ce propos que l’intervention le premier jour de ce colloque d’un jeune camarade de 25 ans originaire du Gard dont je me permets de citer quelques lignes.

Lors de son entrée à La Poste, en 2008, il regrette qu’on ne lui ait jamais parlé du rôle social du facteur, il a tout de suite été conditionné pour devenir simple distributeur. Je passe sur son récit que vous lirez dans le livre, lorsqu’il apprécie notamment les acquis sociaux gagnés de haute lutte par les anciens, et je retiens ceci :
« Mon témoignage est pour vous signifier ma gratitude de pouvoir faire partie d’un colloque et d’avoir l’honneur de partager vos expériences et là, je parle au nom des jeunes qui sont à ce colloque, de pouvoir appréhender nos luttes avec votre vision de l’histoire, parce que l’Histoire, c’est vous qui l’avez faite, qui l’avez vécue, çà nous permet de voir un peu plus où l’on va ».

Qu’ajouter de plus à ce commentaire ? Tout est dit ! C’était un des objectifs majeurs du colloque.

Bien sûr l’Histoire ne se répète pas nous dit-on, du moins dans la forme mais fondamentalement et au fil du temps, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, ce qui explique que l’évolution du métier de facteur a constamment été rythmée par les affrontements entre les tenants de la productivité, de la rentabilité d’une part et les défenseurs du service public et des intérêts professionnels d’autre part.

Et maintenant ? C’est la question qui s’est maintes fois posée à l’issue de ce colloque. Quelle suite va-t-on lui donner ? La réponse ne viendra pas de l’IHS qui n’a aucune vocation à se substituer aux organisations syndicales. Par contre, l’IHS met à votre disposition, sous la forme de deux volumes, l’intégralité des actes du colloque et l’ensemble des contributions écrites dans le cadre de sa préparation.

C’est un outil dont chaque militant a le devoir de se saisir, un ouvrage qui doit être largement diffusé, qui doit faire discuter dans les syndicats.

C’est une contribution majeure au service de l’histoire d’abord de cette catégorie de la distribution dont on cherche à réorienter le service vers des missions à caractère mercantile. Mais quand on parle plus généralement de remise en cause du service public n’est-ce pas l’ensemble des services de la Poste qui sont ou seront concernés ? La Poste qui désormais affiche clairement ses intentions.

C’est votre actualité, vous connaissez, vous y êtes confrontés, je me garderais bien d’aborder le sujet. Mais quel militant peut ignorer les ambitieux objectifs annoncés par le président directeur général du groupe, Monsieur Philippe Wahl.

Tous ces sujets ont ou vont alimenter les discussions à tous les nivaux de notre organisation. Ces discussions doivent s’enrichir des enseignements à tirer de notre passé avec ses richesses, ses contradictions, ses acquis, ses échecs, afin d’être mieux armés pour affronter La Poste, y compris au plan idéologique.

Les deux tomes d’un même livre qui servent la connaissance de l’histoire de la catégorie doivent donc être largement diffusés, et comment mieux en assurer la diffusion qu’en y impliquant l’ensemble des instances dirigeantes de notre fédération. Bien sûr il faudra profiter des congrès, des assemblées générales, des réunions de collectifs, de commissions et de remises des cartes.

Certaines sont déjà programmées en janvier et février dans l’Eure, le Calvados, la Seine Maritime, l’Orne, la Manche , les retraités de Seine-Saint-Denis, le Bureau régional FAPT Ile-de-France. Sachez que vous pouvez solliciter un membre de l’IHS pour y assister. Mais il faut sortir des sentiers battus. Il n’est pas interdit de prendre d’autres initiatives. En Pays de Loire, les cinq départements seront réunis le 30 janvier pour une brève évocation de ce colloque, mais surtout pour arrêter un plan de diffusion du livre et répondre aux journalistes convoqués en conférence de presse.

Alors que le projet stratégique de notre PDG, basé sur la confiance partagée a été largement commenté par la presse locale, preuve qu’elle n’est pas par principe insensible aux évolutions annoncées de la fonction de facteur, n’est-il pas opportun de soumettre à cette presse le compte-rendu de notre colloque et de lui communiquer l’avis des facteurs eux-mêmes sur ce qui se projette, en insistant sur la contradiction qui consiste à présenter le facteur comme la vitrine humaine de La Poste alors que dans le même temps La Poste s’évertue à la dégrader.

En résumé, il nous paraît évident que chaque militant puisera dans cet ouvrage un bagage indispensable à sa réflexion, à l’analyse d’une situation complexe, dès lors que se pose la question du devenir du facteur souligné dans le titre du colloque.

Comme l’écrit Colette Duynslaeger dans la préface du livre : « Cette page d’histoire de notre Fédération sur le métier de facteur était la bienvenue au moment où s’organise une grande offensive contre ce noble métier indissociable du service public postal »

Que cet ouvrage soit donc soit une aide pour les luttes à venir tant pour défendre l’avenir du facteur que celui du service public.

Michel Tacet (fapt)

Bon de souscription

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:47
La Poste: sacrifier l'humain au nom de la productivité

«Apache», la cinquantaine est cadre à la Poste. Il a dirigé plusieurs établissements. Suite aux récents suicides dans l’entreprise, il a choisi de témoigner dans Mediapart sur l’évolution des conditions de travail à la Poste, qui compte 270.000 salariés.

Sans doute tout a commencé vers 1999/2000, lors de la mise en place des trente-cinq heures à la Poste. Privée d’aide de l’Etat, la Poste a alors décidé de remettre toutes les organisations à plat. L’objectif était faire faire à tous les agents en 35 H ce qu'ils faisaient en 39 H.

C'est ainsi, que pour la 1ère fois, les services des facteurs (notamment) ont été réorganisés sur l'autel de la productivité. A cette époque, ce ne fut pas trop douloureux. Mais en douze ans les choses ont bien changé.

Vers 2002, on a vu arriver comme directeurs de groupement et direction opérationnelle territoriale courrier (DOTC) des personnes externes, des contractuels qui ne venaient de la Poste.

Ce choix managérial était clair: pas de sentiments, la Poste doit être rentable en vue d'une privatisation, voire d'un actionnariat. On fonce dans le tas. Objectif: productivité maximum.

Désormais, La Poste ressemble à beaucoup d’entreprises: vue à court terme, recherche des résultats immédiats, avec l’œil rivé sur les objectifs de gains de productivité, le chiffre d’affaires et le bénéfice net de l’année.

Voici comment fonctionnent les objectifs, notamment de productivité, à la Poste.

Tous les ans, à la fin de l’année, le siège donne les objectifs en matière de chiffre d’affaires, de qualité de service et surtout de productivité à ses directions: pour le courrier, la direction opérationnelle territoriale courrier (DOTC), et pour l'enseigne, la direction de l'enseigne la Poste (DELP).

A telle DOTC, qui regroupe de 2 à 5 départements, le siège va par exemple demander de faire 150 de productivité. En clair: supprimer par des réorganisations 150 postes de travail.

Du coup, la DOTC répercute la décision dans ses groupements. A un premier, elle demande 50 de productivité. A un autre, 75. Les groupements déclinent sur leurs centres de distribution de la même manière: les réorganisations dans les établissements sont donc conduites à partir d’un chiffre tombé du siège, sans aucune connaissance de la réalité du terrain.

Ainsi, un établissement courrier, même s’il a déjà connu moult réorganisations, devra par exemple avoir réalisé à une date précise décidée par avance une économie de 6 positions de travail. Coûte que coûte, et même si les organisations sont déjà très tendues.

Pour justifier ces mesures, des éléments sont mis en avant comme la baisse de trafic inéluctable (baisse qui se révèle parfois en réalité bien moins forte que prévue), de nouveaux casiers de tri qui économisent des mouvements et du temps, des plates-formes de préparation qui peuvent trier le courrier dans l’ordre de la tournée du facteur, et j’en passe!

Avant la mise en place des trente cinq heures en 2000, la population des facteurs (environ 100.000 sur 270.000 postiers), n’était que peu touchée par les réorganisations. Le courrier marchait bien, les constructions nouvelles fleurissaient. En revanche, depuis 2005 environ, les réorganisations se succèdent à un rythme effréné, jusqu’à devenir annuelles.

Pour toute cette population, elles se traduisent par une perte permanente de repères. La mise en place de «facteur d’avenir», une nouvelle organisation du travail, a contribué à casser les collectifs et la solidarité, à isoler les facteurs. Chaque jour, le facteur peut être amené à faire un morceau de tournée supplémentaire si un de ses collègues est absent. Les facteurs sont sur du sable mouvant, victimes d’un durcissement hiérarchique qui ne laisse rien passer et sanctionne tout écart.

Mais ces pertes de repères touchent aussi les autres catégories de personnel. Désormais 50% du personnel est contractuel et non fonctionnaire. Le fonctionnaire de la Poste est en voie de disparition, il n’y a plus de concours externe depuis de nombreuses années.

Nombre de Français l’ignorent, mais les postiers ne sont pas payés par nos impôts. Ils sont en fait rétribués sur le budget de la Poste, qui se doit donc de dégager des recettes. Depuis des années, la Poste fait des bénéfices. Pour y parvenir, la variable d’ajustement est essentiellement le personnel qui est considéré comme une charge trop lourde.

Tout est donc fait pour diminuer le nombre d’agents qui baisse d’environ 10.000 chaque année, sans que les Français le sachent.

Ainsi, tous les secteurs de la Poste sont touchés: le courrier, l’enseigne (bureaux de poste), les centres financiers etc..

De l’agent au personnel de maîtrise, des cadres aux cadres supérieurs, il est demandé chaque année de faire plus avec souvent moins.

Pour les bureaux qui accueillent et servent le public, La Poste ne cesse depuis les années 90 de revoir son «maillage» en supprimant des bureaux de «plein exercice» et en les remplaçant par des guichets annexes, des agences postales communales ou des dépôts chez les commerçants, au motif que les bureaux ne sont pas rentables. Ce faisant, elle demande une contribution aux mairies notamment pour assurer ce qui reste de service public.

Depuis peu, la grande nouveauté est la rénovation des plus grands bureaux, avec un service minimum au guichet pour les opérations d’argent, toutes les autres étant traitées par des agents qui, désormais, restent debout toute leur vacation soit plus de six heures par jour. Ces nouveaux bureaux sont remplis d’automates –retrait argent avec carte, photocopieur, pesage et affranchissement de tous les objets etc.

Chaque installation d’un automate a un équivalent agent: par exemple, l’installation d’un appareil automatique pour affranchir le courrier fait «économiser» 0.6 position de travail au bureau de poste, donc autant d’agents en moins.

Une des populations les plus déboussolées est sans aucun doute celle des agents âgés d'une cinquantaine d'année. Embauchés par la Poste sur concours à la fin des années 70 et 80, ces agents ont baigné dans une haute idée du service public, du service au public. Désormais, leur service public est devenu une société anonyme, en 2010. Les usagers sont devenus des clients. Leurs opérations sont chronométrées à la seconde. Au collectif qui aidait a succédé l’isolement et l’individualisme. Les réorganisations successives leur font courber la tête. Les tentatives de rébellion sont désormais «matées» férocement. Les mises à pied se multiplient, quand il ne s’agit pas carrément d’exclusion. Les chiffres servant aux réorganisations sont «bidouillés» pour arriver à l’objectif de productivité. Bref, les repères sont perdus, leur monde postal est pour eux à la dérive et ils en sont tristes, ils en souffrent, ils font des dépressions, des tentatives de suicides ou des suicides.

Le management nouveau est arrivé au début des années 2000, avec des responsables hiérarchiques nommés spécifiquement pour des missions courtes, de deux ou trois ans, et des objectifs précis —avec une belle carotte au bout.

Les cadres et cadres supérieurs qui n’ont pas le doigt sur la couture sont désormais écartés violemment, souvent mis au placard, parfois poussés à la dépression ou plus. Il faut être dans le moule, épouser sans discussion le diktat de ses responsables hiérarchiques qui occupent des postes devenus désormais très politiques.

Il y a encore quelques années, lorsqu’un agent était en difficulté, ses supérieurs regardaient comment ils pouvaient l’aider, de quel soutien il avait besoin.

Mais, aujourd’hui, lorsqu’un agent est en difficulté, la nouvelle politique managériale le pointe du doigt, il a droit à des sanctions, bref, il est souvent enfoncé. Impossible, dans ces conditions, de remonter la pente. On assiste à une multiplication des arrêts maladie, des accidents de travail, des congés longs pour dépressions. Le prix à payer pour une productivité forcée se fait au détriment de l’humain, accompagné d’un management de plus en plus ferme, sec, sans aucun état d’âme pour l’individu, s’attaquant également aux représentants syndicaux.

Les multiples réorganisations, désormais annuelles, sont arrivées à attaquer l’os. Mais il n’y a plus rien à gratter! les agents sont très souvent déjà en souffrance.

L’actualité de ces derniers jours, avec le suicide de deux cadres supérieurs sur leur lieu de travail (donc impossible de les cacher) permet –enfin– une médiatisation du vécu des postiers.

En effet, le plus souvent les postiers se suicident chez eux et l’omerta bien en place, fait taire toute velléité de médiatisation. Il est ainsi très difficile de connaître le nombre de postiers qui se suicident et encore plus ceux qui font des tentatives de suicides.

De plus, le déni est souvent à l’honneur, sur le thème: «un suicide est pluri factoriel, sans doute allait il mal, il devait avoir des problèmes personnels …».

Depuis le début de l’année 2012, 6 suicides de postiers (3 facteurs, 1 agent de bureau et 2 cadres supérieurs) ont été recensés, ainsi que 3 tentatives. Ces chiffres sont des minimas car bien sûr, tout n’est pas révélé.

Comme la Poste est dans le déni, les agents confrontés aux souffrances, aux injustices ou aux sanctions sont condamnés à faire appel aux prud’hommes pour les salariés et au tribunal administratif pour les fonctionnaires. Le délai de traitement est très long (souvent plus de 2 ans pour le tribunal administratif). L’agent doit patienter douloureusement. Pendant ce temps, dans son travail quotidien, rien ne lui est pardonné, ce qui évidemment n’arrange rien.

Aujourd’hui, la plupart des postiers baissent la tête, accusant le coup de chaque réorganisation. Mais la Poste ayant réussi à diviser, le collectif ne se rebelle pas. Chacun prend de plus en plus de travail, de plus en plus de stress, de plus en plus de pressions. Jusqu’où?

Pour mieux diviser et faire des économies conséquentes, la Poste a fait le choix il y a quelques années d’embaucher ses agents en CDI. Ces jeunes gens pensent avoir la chance d’avoir trouvé un emploi. A l’heure du chômage de masse, la plupart se taisent de peur de perdre cet emploi, qu’ils peuvent effectivement perdre rapidement, puisque le droit qui s’applique à leur contrat de travail n’est pas le même que celui des fonctionnaires.

Les établissements voient donc cohabiter deux populations distinctes par leur statut, distinctes aussi par les risques encourus. De plus en plus d’établissements font appel à des intérimaires, qui viennent travailler pour quelques vacations puis repartent, puis reviennent encore. Ceux-là ne peuvent se rebeller.

Les médecins de prévention ne s’y sont pas trompés. En 2010 et 2011, ils ont alerté collectivement le président de la Poste sur les dangers que représentent les nouvelles organisations du travail devenues pathogènes, un management devenu délétère et les pertes de repères, qui déclenchent de plus en plus de pathologies physiques et psychiques. Mais tout a continué : « Le mal être au travail touche tous les niveaux opérationnels d'entreprise, » affirmaient-ils  « Les agents et leurs encadrants traversent des réorganisations rapides et successives, sont confrontés à des injonctions contradictoires sans avoir de perspectives d'amélioration. Cette situation est mesurée au quotidien par les  médecins de la poste.Les agents de distribution sont confrontés à des situations  d'épuisement physique et psychique. Cela est lié aux nouvelles organisations de travail, dont la mise en place est très variable d'un établissement à l’autre.Ainsi, La Poste crée des «inaptes» physiques et  psychologiques. »

Dans un article de Challenges du 23/02/2012, le président de la Poste a été élu «celui qui réforme le mieux dans les services publics».

Le mieux pour qui? Les postiers, en tout cas, sont écoeurés.

 

Source : blogmediapart.fr

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 21:06

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REUTERS/Eric Gaillard

Après dix ans de réformes non stop pour faire face à la concurrence et au déclin du courrier, l'entreprise publique découvre l'étendue des dégâts parmi ses agents. Son patron, Jean-Paul Bailly, a dû accepter un gel provisoire des réorganisations. Et tente de recoller les morceaux. 

Une voix douce, une oreille attentive et un talent indéniable pour déminer les situations explosives. Telle est la martingale qui a permis au président de La Poste, Jean-Paul Bailly, de mener, depuis près de dix ans, des réformes structurelles d'envergure sans faire de vagues. Mais il y a quelques semaines, alors qu'il s'apprêtait à ouvrir le capital de l'entreprise aux postiers et à parachever ainsi sa grande oeuvre - la transformation de l'ancienne administration en société anonyme -, il s'est vu opposer une fin de non-recevoir catégorique. Ce symbole d'une privatisation, les agents n'en ont pas voulu. "Il manquait plus que ça ! Vouloir nous faire cautionner la casse sociale en devenant actionnaire", vitupère Jeanne (1), factrice depuis vingt-six ans.  

En ce début de printemps, les postiers sont à cran. Et le consensuel Jean-Paul Bailly s'est brusquement retrouvé face à un mur. Celui de la colère, de la peur et, parfois, du désespoir. Car la crise ouverte avec la défenestration, le 29 février, à Rennes, d'un jeune cadre de 28 ans laissant une lettre évoquant son "anxiété professionnelle" et un "contexte opprimant" a mis au jour un malaise latent chez des postiers qui avaient encaissé jusqu'ici les réformes Bailly sans trop broncher. Le 8 mars, avant d'entamer la présentation des résultats financiers du groupe, le PDG le reconnaissait : "Ce drame a bouleversé toute l'entreprise." Quelques jours plus tard, un second suicide survenait, dans la même région. Un autre cadre était retrouvé pendu, chez lui. Alors, depuis, Bailly n'est plus certain de conserver l'image de patron social qu'il avait tissée au fil de sa carrière. Et celui qui a fait changer la loi pour poursuivre son troisième mandat au-delà de ses 65 ans pourrait finir par le regretter. 

Pourtant, l'ancien dirigeant de la RATP avait réussi à remettre à niveau La Poste, distancée au début des années 2000 par ses concurrents européens sur les activités les plus rémunératrices, le colis et l'express. Il s'était même attaqué à la branche courrier (50 % du chiffre d'affaires en 2011), revue de fond en comble pour tenter d'alléger les coûts liés à l'omniprésence de l'enseigne dans l'Hexagone, et, ainsi, se préparer au mieux à la libéralisation du marché. Le tout sans provoquer de remous majeurs. A la grande satisfaction des gouvernements.  

Sur le pont depuis la mi-mars, le premier postier de France peine, cette fois-ci, à désamorcer l'exaspération qui grandit de jour en jour. Le 19 mars, il a pris la plume pour annoncer aux 267 000 agents quatre décisions, dont le lancement d'un "grand dialogue sur la vie au travail" destiné à retrouver "cohésion" et "bien-être". Des propositions blackboulées par les partenaires sociaux, qui - une fois n'est pas coutume - affichent un front d'opposition parfaitement uni. Craignant l'embrasement, Bailly s'est retrouvé à deux doigts de céder à leur revendication posée comme préalable aux discussions : le gel des réorganisations. Mais le patron de la branche courrier, Nicolas Routier, s'y serait opposé, allant jusqu'à mettre sa démission dans la balance.  

Accusé de conflit d'intérêt par les syndicats, pour avoir désigné à la tête de la commission du grand dialogue l'ex-syndicaliste Jean Kaspar, qu'il fréquente au sein de l'association Entreprise & Personnel, Bailly rase les murs et refuse de rencontrer les journalistes. Le syndrome France Télécom hante tous les esprits. Signe de fébrilité, le train de mesures concrètes, qui devait être annoncé à la fin de ce mois, a été révélé dès le 12 avril. En tête de liste, contre toute attente... l'arrêt sine die des réorganisations. 

Voilà plusieurs années, en effet, que les postiers vivent à l'heure du changement continu. "Ce qui leur paraît insupportable, c'est l'instabilité permanente de leur situation", estime Martine (1), médecin du travail en zone rurale. Sous la double pression de l'ouverture à la concurrence et de la baisse attendue de l'activité courrier, facteurs, guichetiers, conseillers financiers ou employés du tri ont encaissé trois bouleversements majeurs (voir l'encadré ci-contre). Il y eut d'abord "Cap qualité courrier" : 46 plates-formes automatisées à lecture optique ont remplacé la centaine de centres de tri, obligeant les agents à réapprendre leur métier ou à en changer. Puis "Facteurs d'avenir" et, enfin, "Cap relation client" : cette réforme en cours transforme les guichetiers en vendeurs de Colissimo et autres forfaits téléphoniques. 

Objectif : 8 % de rentabilité en 2015

Etalés dans le temps, ces changements se sont brutalement accélérés en 2008 avec l'anticipation d'une baisse plus violente de l'activité courrier face à l'explosion d'Internet. "Depuis 2008, ils suppriment un emploi par heure", dénonce la CGT, syndicat majoritaire. L'an dernier, il est vrai, près de 10 000 postes ont disparu. L'objectif d'atteindre 8 % de rentabilité en 2015 (contre 3,7 % aujourd'hui) fait craindre le pire aux postiers. "Ce n'est pas parce que l'on est une entreprise publique que l'on ne doit pas chercher à gagner de l'argent", justifie Marc-André Feffer, directeur général adjoint du groupe. Le remplacement d'un seul départ en retraite sur trois contraint La Poste à revoir sans cesse son découpage territorial et la composition des équipes. 

"J'ai passé dix ans à fusionner et réorganiser des bureaux, raconte un cadre, embauché en 1983. J'ai croisé des gens en dépression qui ne trouvaient pas de boulot, c'était culpabilisant. En 2009, j'ai vécu trois réorganisations dans l'année. Un jour, j'ai appris par la bande que mon poste allait disparaître. On ne m'avait rien dit. Puis, lors d'une visite médicale, j'ai craqué. Depuis, je suis sous antidépresseur et on ne me propose plus que des missions de courte durée. Des postes de mon niveau, il n'en existe pas." 

Lors de la première réunion de la commission Kaspar, le 17 avril, Bailly, venu expliquer la mutation du groupe, a reconnu pour la première fois les difficultés liées à l'intensification des transformations. "C'est un premier pas, estime un syndicaliste. Jusqu'ici, il rejetait toujours le problème sur les individus." Dès le mois de mai 2010, pourtant, le PDG avait reçu un virulent courrier de quatre pages, signé du président du syndicat des médecins de La Poste : "Le mal-être au travail touche tous les niveaux opérationnels [...]. Les agents de distribution sont confrontés à des situations d'épuisement physique et psychique." De fait, lors des consultations, les 150 médecins du travail observaient avec impuissance de plus en plus de situations de détresse, de dépression et de burn-out. Une souffrance silencieuse qui s'est traduite par l'augmentation des arrêts maladie et des jours d'absence. 

Le déclin du courrier, branche historique de l'entreprise, porte un sérieux coup au moral des postiers. C'est leur coeur de métier qui est touché. L'évolution de la nature même des professions de facteur ou de guichetier est difficile à encaisser. Pour les premiers, en plus de la réforme qui les contraint à accumuler les bouts de tournée des collègues absents, il leur faut désormais accepter d'autres tâches, comme l'installation des raccordements à la TNT. Interdiction, en revanche, de prendre le courrier d'une mamie ou d'apporter des médicaments à un invalide. Pratiquer cette "concurrence déloyale" les expose à des sanctions disciplinaires. Quant à se poser dans la salle à manger pour quelques minutes de conversation, il n'en est plus question. "On n'a plus le temps de rien. Chacune de nos tâches est chronométrée, s'insurge Jeanne. Moi, pour aller plus vite, je suis même obligée de déposer mon courrier dans les boîtes sans sortir de ma camionnette." Au guichet aussi, les changements sont profonds. "On a remplacé la notion de service public par la rentabilité à tout prix. Aujourd'hui, notre métier consiste à vendre des téléphones mobiles et à renvoyer les gens vers des machines automatiques", ironise Isabelle, vingt-trois ans d'ancienneté au sein d'un bureau parisien.  

Des managers formés aux risques psychosociaux

Pour tenter d'amortir le choc des réformes, la direction a fini par réagir. Elle a intensifié, l'an dernier, la formation des managers aux risques psychosociaux. 5 000 d'entre eux en ont bénéficié. Elle a aussi créé un observatoire de la santé au travail. "Hélas, nous n'avons pas été invités à y participer", regrette Jean-François Aussel, du syndicat FO. "On ne peut apporter qu'une réponse globale et très lente aux difficultés", reconnaît Marc-André Feffer. Autant dire que le "grand dialogue" engagé depuis peu, et dont les conclusions sont attendues en septembre, pourrait décevoir.  

Les postiers, soudainement dressés contre l'emballement de l'Histoire, font-ils de la résistance par rigidité ou bien l'accompagnement des réformes a-t-il été déficient, comme la crise actuelle le laisse supposer ? "Il faut passer beaucoup de temps sur le sens des choses, le pourquoi. Les gens ne sont pas contre le changement, mais ils le sont quand ils ne le comprennent pas et qu'ils ont peur", déclarait, il y a quelques mois, Jean-Paul Bailly. Reste à passer de la parole aux actes. A moins que ce grand serviteur de l'Etat ne se retrouve bientôt, comme d'aucuns lui en prêtent l'intention, à la tête d'un ministère de la Fonction publique.  

Révolution en trois temps

2004 Cap qualité courrier : modernisation de l'outil industriel. 

2007-2011 Facteurs d'avenir : nouvelle organisation du travail en équipe et répartition des tournées des facteurs absents. 

2006-2015 Cap relation client : nouveau concept de bureaux de poste et évolution du métier de guichetier. 

Des PTT au groupe La Poste

1990 La réforme des PTT crée deux entreprises publiques, La Poste et France Télécom. 

1999 Ouverture à la concurrence pour les lettres de plus de 350 grammes. 

2002 Nomination de Jean-Paul Bailly comme président. 

2003 Ouverture à la concurrence pour les lettres de plus de 100 grammes. 

2005 Loi sur la dérégulation postale, qui acte le principe d'une filiale pour les services financiers. 

2006 Création de la Banque postale. Ouverture à la concurrence pour les lettres de plus de 50 grammes. 

2010 La Poste devient une société anonyme à capitaux 100 % publics. 

2011 Fin du monopole du courrier établi en 1801. L'ensemble du marché est ouvert à la concurrence. 

2011 Augmentation de capital et entrée de la Caisse des dépôts. La Poste devient un opérateur virtuel de téléphonie mobile. 

source : lexpress.fr du 01/05/2012

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